Nous sommes très attachés à la défense du savoir-faire français

Nous sommes très attachés à la défense du savoir-faire français

Made in France, collaboration avec les clients, usine 4.0,… l’usine de Pont-de-vaux est l’un des dix sites de production d’Atlantic. Ce dernier sera rejoint en janvier 2021 par une nouvelle usine à Boz qui sera implantée à seulement 4 km de distance. Franck Burdloff, nous éclaire sur l’organisation qui va être mise en place et décrypte les enjeux de Pont-de-Vaux dans les mois à venir.

Parlez-nous de l’usine de Pont-de-Vaux…

C’est l’un des 10 sites français de production d’Atlantic - nous avons rejoint le groupe dès 1974. On y produit des chaudières collectives pour des copropriétés, des hôpitaux, des hôtels, des Ehpad. Chaque année, quelque 9 000 appareils sortent ainsi de nos ateliers. Le site emploie 210 collaborateurs en rythme de croisière et jusqu’à 250 lors des pics d’activité. Mais, alors que nous devons répondre à des activités en forte croissance, les capacités de production de l’usine, construite au lendemain de la seconde guerre mondiale, arrivent aujourd’hui à saturation. Les effectifs sont aux trois/huit, week-end compris et les ateliers, répartis sur 13 500 carrés, ne sont pas extensibles. Nous avons donc pris la décision stratégique de déployer l’activité, en construisant une nouvelle usine, à Boz, à 4 km seulement de distance. L’inauguration est prévue pour le 8 janvier 2021 et l’activité démarrera dans la foulée.

Comment va s’organiser la production entre Pont-de-Vaux et Boz ?

Le cœur des chaudières continuera d’être fabriqué sur le site historique. En revanche, toutes les opérations d’habillage ainsi que les finitions seront réalisées à Boz. Nous allons donc procéder à des transferts d’effectifs. Mais avec ce nouveau site de Boz, notre ambition est bien de préparer l’avenir. Dans un premier temps, l’usine occupera une surface de 7 400 mètres carrés, avec un important potentiel d’extension. A terme, dans 5, 10, 15 ans, nous devrions y baser l’intégralité de la production.

Peut-on parler d’une usine 4.0 ?

Absolument. Une partie des lignes de production - peinture, ou encore découpe laser - est automatisé et robotisée. L’idée était d’optimiser au maximum les flux, de rationaliser les espaces pour les rendre les plus fonctionnels et les plus confortables possible. Tout a été conçu et construit selon les schémas industriels les plus modernes. Il faut dire qu’il existe chez Atlantic une forte culture R&D. A Pont-de-Vaux, nous partageons avec les autres activités “produits collectifs” du groupe, notamment le site de Cauroir, un labo où sont définis les concepts, où les prototypes sont élaborés et testés, où la fiabilité des produits est éprouvée et les normes NF sont validées. Ce, sur la base de technologies et de méthodologies de pointe. Pour décider de l’implantation des lignes sur le site de Boz, nous nous sommes par exemple appuyés sur des protocoles de réalité virtuelle : les opérateurs ont pu, au moyen de casques 3D, prévisualiser différents environnements de travail et faire des propositions d’aménagement.

Consulter les salariés fait partie de la culture managériale de l’usine ?

Cela fait partie de la culture d’Atlantic ! Nous avons même pour habitude d’intégrer systématiquement nos clients dans le processus de conception des machines. Pour revenir aux opérateurs, ils ont ont été pleinement associés à la conception du futur site de Boz. C’est leur outil de travail, ils savent mieux que quiconque comment l’organiser au mieux. Des ateliers ont été programmés, où ils ont pu donner leur avis, émettre des propositions et les soumettre à discussion. Ils ont ainsi décidé des modalités d’accrochage des pièces devant passer en peinture, de l’implantation des futures machines de découpe et de pliage, de la configuration en U d’une ligne de montage, etc.

Le “Made in France”, lui aussi, est ancré dans de la culture de l’entreprise…

Tout, de A à Z, est produit sur site, depuis la conception jusqu’à l’expédition. Nous sommes très attachés à cette défense du savoir-faire français, très fiers de valoriser ces métiers particulièrement tendus de la soudure en chaudronnerie. Cela représente un réel engagement, ainsi que des investissements, notamment en formation. Tous nos soudeurs vont par exemple être formés au pilotage des robots soudeurs laser. Pour eux, cela signifie une substantielle montée en compétence avec, à la clé, une qualification de haut niveau. C’est sans doute ce qui explique le faible turnover de nos équipes. En fait, en termes d’emploi, notre principale difficulté est d’attirer les cadres. Il faut les convaincre de venir s’installer “à la campagne”, a fortiori avec conjoints et enfants. Mais une fois qu’ils ont franchi le pas, ils ne le regrettent pas.

   

Franck Burdloff, directeur de l’usine Atlantic de Pont-de-Vaux