La robotisation a transformé mon métier

La robotisation a transformé mon métier

Il y a cinq ans, l’usine de Pont de Vaux décidait d’automatiser certains postes de soudure. Pour les opérateurs, la robotisation s’est soldée par une véritable transformation de leur métier et de leurs conditions de travail. Turkut Kaplanbaba, soudeur – conducteur de machine, raconte son “nouveau” métier.

Parlez-nous de votre métier, et de ce que la robotisation a pu changer.

Je suis entré chez Atlantic comme soudeur à 18 ans, j’en ai aujourd’hui 39. Je peux dire que la robotisation a totalement transformé nos conditions de travail, et en bien. Souder “à la main” est un travail très physique. Vous devez porter et manier des instruments lourds, opérer dans le bruit, les projections de métaux. Cela génère de fréquentes tendinites, des douleurs musculaires, de la fatigue. Qui plus est, sécurité oblige, vous devez travailler vêtu d’une combinaison lourde et encombrante. En été, ou même en fin de journée, c’est très inconfortable. Avec le robot, finis les gestes répétitifs, les charges lourdes, les douleurs.

Et côté production, qu’est-ce qui a changé ?

Le robot augmente nettement la productivité. Là où manuellement il fallait intervenir une heure et demi pour souder deux éléments, aujourd’hui nous n’avons besoin que de 15 minutes. Ce gain de productivité, c’est un plus pour le client, donc très positif pour nous en termes concurrentiels.

Quelle a été votre réaction lorsqu’on vous a annoncé que vous alliez travailler sur un robot ?

Je ne vous cache pas que j’ai eu un peu peur. En fait, je ne savais pas si je serais capable de changer ma façon de travailler. Et puis, je me disais qu’un automate, c’est un gros investissement pour l’entreprise et je craignais de faire des erreurs qui pourraient endommager la machine. Le fait que le robot fonctionne avec une part d’informatique me faisait également peur. Mais ces appréhensions sont tombées lorsque nous avons été formés.

Justement, comment s’est passée la formation ?

En ce qui me concerne, la formation a duré un mois. Elle a porté sur le fonctionnement du robot, son pilotage, l’intervention automatisée sur les gabarits mécaniques, le paramétrage informatique des programmes de soudure… Le plus nouveau, pour moi, était la partie informatique. Depuis, nous sommes formés à chaque nouvelle mise à jour logicielle.

Cette nouvelle manière de travailler s’est-elle accompagnée pour vous d’une montée en compétence ?

Oui, c’est plus que certain ! J’étais soudeur, je le reste. Mais maintenant, je suis aussi opérateur machine. C’est toujours intéressant de pouvoir évoluer pour s’adapter aux nouvelles technologies. Même si je n’ai aujourd’hui aucune intention de changer d’entreprise, je sais qu’avec cette double compétence, je peux trouver immédiatement du travail un peu où je veux !